Le Nègre en chemise, vol.3

Avant-propos de l’auteur

Ce troisième volume de la série des Polycarpe est le seul à afficher des lettrines au commencement de chaque chapitre. Cette fantaisie typographique constitue un indice dans cette fiction : les initiales majuscules des chapitres mises bout à bout dévoilent en effet une phrase-mystère.
Mais quand bien même vous déchiffreriez cette phrase, elle ne dévoilera son secret qu’à la toute fin du livre, je ne vais quand même pas vous priver du délicieux frisson du suspense.

Ce procédé, par ailleurs enchâssé dans l’enquête, met notre cher Polycarpe sur la piste du criminel.
La construction en abyme de cette fiction n’a d’autre objectif que de vous intriguer en lui conférant du relief : un nègre littéraire écrit Le Nègre en chemise (le roman dans le roman que vous allez lire) au profit de l’auteure officielle, en gloire sur les plateaux télé ‒ miroir de la réalité.
Amies lectrices, chers lecteurs, cette affaire de lettrines n’est qu’un artifice ludique parmi d’autres techniques romanesques, dans cette comédie policière whodunit qui porte sur nous autres humains un regard un tantinet sarcastique.
Croyez-moi, ce Polycarpe va vous distraire.

Résumé

 La célèbre romancière Elvire Auggry vient régulièrement de Paris se ressourcer à Rochebourg dans la propriété de sa tante Violette Parker qui l'affectionne particulièrement.  
 Alors que la discrète Violette, appréciée de tous, s'apprête à prendre ses fonctions de bénévole à la nouvelle bibliothèque, elle meurt étouffée par une guêpe. Un fâcheux contretemps a empêché Polycarpe de recevoir l'ultime message de la défunte où elle se disait menacée. Sa mort est-elle vraiment accidentelle ?
 Le décès de Violette marque le début d'un imbroglio criminel que Polycarpe réussira tout de même à démêler malgré le vent de folie qui souffle à Rochebourg depuis qu'un couple de chercheurs en ethnologie a choisi d'observer les us et coutumes de ce village.

Presse

Polycarpe, Le Nègre en chemise, de Claudine Chollet

Un vrai régal !

"Les sagas ne sont pas légions et il est toujours agréable, pour un lecteur, de retrouver des personnages qu’il aime et avec qui il a presque créé une relation affective. Claudine Chollet, romancière tourangelle, a voulu fidéliser ses lecteurs par une saga qui met en scène la population d’un village de France, autour d’un nouvel arrivant, Polycarpe Houle, vétérinaire quinquagénaire à la retraite, qui a retapé un vieux logis au cœur du village et qui, progressivement, tisse des liens d’amitié avec l’ensemble des habitants. Liens d’amitié d’autant plus efficaces qu’ils contribuent aussi à aider le nouvel arrivant à élucider des faits divers, en apparence relativement « classiques », mais dont il débusque vite les véritables fondements.

Jusque là rien de bien extraordinaire, pourrait-on dire, mais ce qui capte l’attention du lecteur, c’est justement la vie quotidienne de ce microcosme, avec ses tensions et ses élans du cœur. On vit en osmose totale avec le village de Rochebourg, qui ressemble beaucoup à l’un des plus beaux villages de France, situé, comme par hasard, en Touraine. Mais là s’arrête la comparaison, car ses habitants, tout en étant proches du vécu de beaucoup de villages de campagne, sont relativement atypiques. Ce sont souvent d’anciens citadins qui ont fui le stress de la ville et ont adopté, avec bonheur, le rythme plus convivial de la ruralité. Et Polycarpe, nouvel arrivant lors du premier épisode, est devenu un peu le référent, celui vers qui tout le monde se tourne quand il y a quelque chose qui cloche. Personnage sympathique, un peu bourru, et dont la philosophie épouse parfaitement la morphologie du lieu.

Qui était vraiment Violette Parker ?

Dans ce troisième épisode, qui se déroule au début de l’automne, c’est la mort, a priori accidentelle, de la discrète Violette Parker qui flatte la curiosité de Polycarpe. Une curiosité d’autant plus grande qu’il ignorait, jusqu’à cette fin tragique, l’existence de cette vieille dame, alors qu’il est maintenant installé à Rochebourg depuis 3 ans. En outre, c’est dans la propriété de cette Violette Parker qu’Elvire Auggry, célèbre romancière, adulée des médias parisiens, écrit d’ordinaire des best-sellers. Si l’on ajoute la présence au village d’un couple de chercheurs en ethnologie, venu étudier les us et coutumes de cette population rurale, à leurs yeux, représentative, on peut imaginer facilement que la vie des habitants est assez perturbée.

Comme pour les précédents ouvrages de la collection Polycarpe, l’auteur ne cherche pas à jouer la carte du suspense, encore moins de la violence, mais profite d’un évènement particulier, voire dramatique, pour analyser le comportement des acteurs concernés, autrement dit les habitants du village. On est d’ailleurs tout aussi captivé par la brouille passagère, du moins on l’espère, de Polycarpe et d’Imogène, la marchande de miel et de souvenirs, dont on a vu naître l’attirance mutuelle lors des précédents ouvrages, que par l’imbroglio criminel, dont on devine progressivement les contours. Heureusement, tous les personnages du village, anciens et nouveaux, participent de près ou de loin à cette nouvelle intrigue, pleine de surprise. Un vrai régal !"

 Jean-Yves Bonin, Le Courrier Français